Des arbres à remarquer !

Promeneurs, randonneurs ou curieux, qui aimez les arbres, osez pousser le portillon des cimetières : ils renferment des arbres remarquables, choisis pour leur longévité, et dont le feuillage, toujours vert, est symbole d’immortalité : ifs, buis, houx.
Au sud de la Loire, le cyprès remplace souvent l’if, et la haie de romarin les bordures de buis…

A Honguemare, deux très vieux buis* ornent le cimetière.

A Bouquetot, une aubépine sept fois centenaire trône dans un petit enclos devant l’église.
Les cimetières de presque toutes les communes comptent au moins un vieil if, parfois planté dès la création du cimetière.

A l’inverse, à La Haye-de-Routot, le voisinage des deux ifs, déjà imposants, a été choisi pour implanter l’église et le cimetière.
* des “Dames” buis qui, en Avril, portent de minuscules fleurs

L’if, toujours vert, est symbole d’immortalité.
Si les ifs de La Haye-de-Routot ont précédé l’ensemble église-cimetière, on a par la suite planté des ifs dans beaucoup de cimetières, au Nord de la Loire, où cet arbre tient le même rôle que le cyprès dans d’autres régions plus méridionales. Le feuillage de l’if exhalerait une huile essentielle qui assainirait l’air … Fonction qui a pu s’avérer utile dans les périodes d’épidémies : un peu comme l’encens dans les églises … Son feuillage -encore lui- est toxique pour les animaux domestiques, ce qui aurait obligé les propriétaires de bétail à tenir leurs animaux** éloignées du cimetière. Nombre de chevaux de corbillards, lassés d’attendre, ont brouté le feuillage des ifs plantés à leur portée… et ne s’en sont jamais remis …

** longtemps les cimetières comportaient des zones herbues que les villageois pauvres laissaient pâturer par leurs animaux.
Mais les porcs, fouissant le sol , s’avéraient indésirables …

*** Une source de vitamines ! Tout dans l’if est toxique, excepté “l’arille” : pulpe d’un joli rose foncé qui entoure la graine. L’arille est délicieux et gorgé de vitamines. Mais il ne faut pas mâcher la graine, très toxique.
Les ifs de Bouquetot, Barneville-sur-Seine, La Haye-Aubrée se couvrent d’arilles rouges en Septembre-Octobre.

Le bois d’if a servi jadis à construire les grands arcs de guerre, grâce aux exceptionnelles propriétés d’élasticité de ce bois.

Aujourd’hui, l’if est utilisé contre certains cancers
En France, l’Institut Sedaherb se sert des jeunes pousses de l’if (Taxus baccaca L.) qui permet la synthèse d’une molécule d’intérêt majeur dans la lutte contre le cancer : le Taxotere. Mais l’utilisation de jeunes pousses, qui à long terme fragilise la bonne santé des ifs, n’est pas recommandée en ce qui concerne des ifs très âgés, comme ceux de La Haye-de-Routot …


Les troncs des ifs millénaires de La Haye-de-Routot renferment des chapelles
Au centre du village, deux ifs monumentaux ombragent le cimetière et cachent l’église.
Ces deux ifs mâles (Taxus baccata) ont un tour de taille impressionnant : 14 et 16 mètres. D’après les spécialistes, ces deux arbres seraient âgés d’environ 1500 à 1600 ans.

Au 5e siècle, époque approximative de leur naissance, la forêt d’Arelaune (l’actuelle forêt de Brotonne), est plus vaste et les quelques masures de l’endroit ne forment pas encore un hameau … La contrée voit passer les barbares Wisigoths, Francs et Burgondes … et les guerriers d’alors ont peut-être failli transformer ces jeunes ifs en arcs (car le bois d’if est idéal pour cet usage).

Le règne de Clovis (482-511) apporte un peu de calme … Au 13e s, l’église*** et le cimetière sont implantés près des ifs devenus imposants. D’après certains, une sorte de “pèlerinage aux ifs”, a peut-être existé, qui aurait ancré dans l’imaginaire l’habitude de venir à La Haye-de-Routot ; le feu de Saint Clair bénéficiant en quelque sorte de cette coutume païenne …
*** l’unique vestige de l’époque est son portail occidental

Construire des chapelles dans les arbres,
quelle drôle d’idée !
Au fil des siècles les deux ifs se sont encore étoffés. Comme beaucoup de vieux arbres, le bois du cœur tombe en poussière, créant peu à peu de grands vides. Au 19e siècle, ces cavités sont devenues si grandes que plusieurs personnes peuvent y prendre place, ce que le clergé remarque … Il devient tentant de donner un caractère sacré à ces arbres en les aménageant ! Et bientôt l’if de gauche se voit doté d’une chapelle dédiée à Sainte Anne, chapelle consacrée le 9 Avril 1866 par l’Evêque d’Evreux, Mgr Decouvoux. L’if de droite reçoit un oratoire dédié à N.D. de Lourdes, et consacré le 15 Juin1897.
En 1936, la chapelle Ste Anne sera déposée et remplacée par une construction en bois plein, avec une petite ouverture permettant de voir l’intérieur de l’if. Chapelle élégante mais qui, on s’en apercevra plus tard, ne laisse pas l’arbre “respirer” …

Un patrimoine à protéger. Les ifs de La Haye-de-Routot n’ont jamais cessé de prendre de l’ampleur et, au début des années 1990, malgré l’indispensable entretien annuel réalisé juste avant le Feu de Saint Clair, il devient urgent d’ôter les bois morts. En 1992, des travaux de taille douce sont réalisés par Serge Paviot, médecin des arbres, sur les branches et la cîme. En 1994, un retour de vent produit par le tout proche Feu de St Clair fait craindre un début d’incendie dans l’if.

Un visiteur vigilant. Fin 1995, les ifs reçoivent la visite du Professeur Robert Bourdu, spécialiste des arbres remarquables. Il informe les édiles locaux “qu’en plus des risques d’incendie, la chaleur anéantit les jeunes pousses de l’année, ce qui, à la longue, nuit à la bonne santé des ifs, et qu’il faudrait déplacer le feu de St Clair de quelques mètres”.

“Déplacer le feu de Saint Clair : jamais ! ”.
Les habitants, qui voient les ifs chaque jour, ne perçoivent pas que ceux-ci continuent à grossir. La décision de changer de place le célèbre et traditionnel bûcher les scandalise. Début 1996, le conseil municipal brave un commencement de révolution populaire. Mais très vite, la Confrérie de Charité et le Comité des Fêtes, chargés d’organiser les festivités du feu de Saint Clair, acceptent de déplacer définitivement, de quelques mètres, la place du bûcher Saint Clair. On peut d’ailleurs toujours voir, au milieu de la route, l’ancien emplacement pavé.

Dans le même temps, les branches de l’if Sainte Anne sont haubannées de neuf pour que leur poids n’écartèle pas le tronc. En procédant à ces soins, on s’aperçoit que la chapelle en bois plein empêche la circulation de l’air et asphyxie l’arbre : à l’intérieur il est la proie des moisissures …

En Septembre 2000, la chapelle est démontée, l’arbre assaini et aéré. Par précaution,on consolide l’arbre avec un “squelette” intérieur, qui doit lui permettre de résister à de fortes rafales. Une ouverture dans le plafond de la chapelle permet de voir l’intérieur de l’arbre.

Le nouvel autel est consacré le 29 Juillet 2001, et le label “Arbre Remarquable” est remis à la commune pour le soin qu’elle prend de ses ifs. A la nuit close, l’intérieur de l’arbre s’illumine, faisant naître un lieu de légende …
Vous aussi, venez vous imprégner de la sérénité et de la magie du lieu.

Construire des chapelles dans les arbres, quelle drôle d’idée !

Un patrimoine à protéger.

Les ifs n’ont jamais cessé de prendre de l’ampleur et, au début des années 1990, malgré un entretien annuel réalisé juste avant le Feu de Saint Clair, il devient urgent d’ôter les bois morts. En 1992, des travaux de taille douce sont réalisés par Serge Paviot, médecin des arbres, sur les branches et la cîme.

En 1994, un retour de vent produit par le tout proche Feu de St Clair fait craindre un début d’incendie dans l’if.

Un visiteur vigilant. Fin 1995, les ifs reçoivent la visite du Professeur Robert Bourdu, spécialiste des arbres remarquables. Il informe les responsables locaux “qu’en plus des risques d’incendie, la chaleur anéantit les jeunes pousses de l’année, ce qui, à la longue, nuit à la bonne santé des ifs”.

“Déplacer le feu de Saint Clair : jamais !”. Les habitants, qui voient les ifs chaque jour, ne perçoi-vent pas que ceux-ci ne cessent de croître. La décision de changer de place le célèbre et traditionnel bûcher les surprend, les choque. Début 1996, le conseil muni-cipal brave un commencement de révolution populaire. Mais très vite, la Confrérie de Charité et le Comité des Fêtes, chargés d’organiser les festivités du feu de Saint Clair, acceptent de déplacer définitivement de quel-ques mètres la place du bûcher Saint Clair. On peut d’ailleurs toujours voir, au milieu de la route, l’ancien emplacement pavé.

Dans cette même période, les branches de l’if Sainte Anne sont haubannées de neuf pour que leur poids n’écartèle pas le tronc. En procédant à ces soins, on s’aperçoit que la chapelle en bois plein empêche la circulation de l’air et asphyxie l’arbre : à l’intérieur il est la proie des moisissures …

En Septembre 2000, la chapelle est démontée, l’arbre assaini et aéré. Par précaution,on consolide l’arbre avec un “squelette” intérieur, qui doit lui permettre de résister à de fortes rafales. Une ouverture dans le plafond de la chapelle permet de voir l’intérieur de l’arbre.
Le nouvel autel est consacré le 29 Juillet 2001, et le label “Arbre Remarquable” est remis à la commune pour le soin qu’elle prend de ses ifs.



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